Chroniques d'Irvelic 5

Publié le par Sombrelün

M.gifaitre Kolban m'avait demandé de me rendre au chevet de Gavin, malade, pour veiller sur lui et rassurer sa mère. Son père ne pouvait le faire lui-même, devant se rendre à Thris.

- Ça gratte! gémit le garçonnet

- Ce n'est pas la varicelle pour rien! remarqua Karvel, venu tenir compagnie à son demi-frère.

- Et il ne faut pas que tu te grattes! ajoutais-je en lui attrapant les mains. Tu en garderais des marques. Et si je t'occupais l'esprit en te racontant une histoire, mais laquelle...

- Celle d'Irvelic pour sur! Et promit, je me gratterais pas!

- Très bien, mais je te surveilles!

 

 

Irvelic et Ernez, s'ils savaient que l'autre coté de la Barrière de Dallur pouvait les rendre riche, il fallait encore y arriver! Dans les endroits difficiles, le mage avait un peu tendance à abuser de la lévitation, et manqua de se faire emporter par une trop grosse bourrasque. Le mercenaire ne le rattrapa que de justesse, et le convainquit de renoncer à ce sort et d'être à égalité avec lui, le port d'une armure lourde et encombrante en moins. Après trois nuits passées recroquevillés sous un carré de toile, grelotant de froid en écoutant les cris d'étranges animaux, ils arrivèrent enfin sur le versant de la Droiture.

Et là, se posa un autre problème: il n'y avait pas la moindre once de plaine de l'autre coté, pas même un bout de terre ou une corniche! La pente continuait à pic jusqu'à disparaître dans un épais brouillard. Devant cette vision désespérante, Ernez pesta:

- Mais comment on va pouvoir loger les mineurs?! Et ramené à la Porte les cristaux?! Les chariots ne passeront jamais par cette fichu chaine!

- Chaque problème à sa solution, tempéra Irvelic. Si nous ne pouvons passer par dessus, nous passerons par dessous, comme cette rivière. Tu la vois, là, se jetant dans le vide? C'est celle venant du lac.

- Mais nous ne sommes pas des poissons... maugréa le mercenaire.

- Non, mais j'ai quelques amis qui pourraient m'aider à arranger ça. Nous creuser un chemin, pas nous changer en friture! ajouta-t-il en voyant l'air surpris de son ami. Quant aux logements, si par la route souterraine est beaucoup plus rapide, on pourra les mettre de l'autre coté, en attendant de trouver autre chose.

- Pester, ça ne veut pas dire " dire des gros mots " ? demanda innocemment Gavin. Pourtant, tu ne les as pas dit.

- Si, mais vos oreilles sont encore trop jeune pour pouvoir les entendre, esquivais-je.

Son ainé le poussa d'ailleurs du coude, le rappelant à l'ordre:

- Oncle Kolban veut que Sombrelün nous apprennent des mots, mais pas ceux-là! Et que s'il nous en dit, il lui coudrait la bouche, c'est ce qu'il m'a dit!

Je souris de leur naïveté, jamais mon maitre ne me ferais ça, enfin... je le savais capable de beaucoup pour ses enfants, je n'y parierais pas mon bourdon... Enfin, la question de vocabulaire résolu, je pu poursuivre.

Irvelic teint parole, avec des confrères étudiant la terre, ils agrandirent la hauteur de la galerie creusé par Ermion. L'un deux, spécialisé dans le bois, fit pousser un plancher au dessus des flots.

Grace à la Troué, on pouvait maintenant faire l'allée-retour entre les plaines et le bord du monde en moins d'une demi-journée. Le campement des mineurs fut donc placé temporairement à son entré, jusqu'à ce qu'Ernez, sans le vouloir, donne la bonne idée.

Les deux hommes y réfléchissaient souvent le soir, balayant les propositions les unes après les autres. Jusqu'à présent, celle qui paraissait la plus intéressante était une ville accroché à la falaise sans fin. C'est un peu pour faire maronner le mage qu'il lâcha:

- Et ton sort de lévitation que tu aime tant, tu ne pourrais pas l'utiliser pour faire flotter la cité juste devant la Troué?

- J'ai déjà du mal à maitriser ma trajectoire quand il y a du vent, alors une ville entière! A moins que... a moins qu'elle ne flotte déjà naturellement! Mais oui! Bien sur! Ernez, tu es un génie!

- Ah bon?

La suite, le mercenaire n'y compris pas grand chose. Irvelic baragouinait quelque chose à propos de de lunes, de dérivation parabolique, de stabilisation spatial et d'influence stellaire.

Mais vous, vous savez tout ce que cela signifiait. Le choix du mage se porta sur la lune d'Aslun, la plus petite des trois et donc la plus facile à manier. Avec des confrères de l'air, ils la déroutèrent de sa trajectoire initiale, et la forcèrent à rester au Bord du Monde, à une localisation bien constante. Elle fut ensuite taillé pour accueillir le campement des mineurs, puis devint rapidement cité.

L'extraction des cristaux rendu bien moins aléatoire, leur commerce avec l'extérieure pu véritablement commencer et entraina l'aménagement des terres d'Irvelic comme vous les connaissez.

Pendant qu'au bord du monde on creusait, dans les plaines on produisait de quoi les nourrir, les chauffer, les vêtir, ... et des pierres pour agrandir la cité des cieux aux besoins toujours plus important. Irvelic et ses confrères s'occupèrent d'administrer la Droiture, qui resta entre les mains des mages, pendant qu'Ernez se chargeait de la Gauchure. Celui-ci fonda une dynastie de souverains, gardant la Porte.

La demande d'Aslun en mages pour la stabiliser était si grande, qu'il a fallu attendre près d'un siècle et quart pour que votre p... votre oncle soit le premier mage à s'installer dans les Plaines.

- Et à un siècle et demi, ils ont été deux, compléta Karvel.

- Qui ça? demanda Gavin, dans un demi-sommeil

- Sombrelün bien sur! Mais ton histoire, elle est terminé?

- Dans un sens oui, puisque nous sommes arrivé à aujourd'hui, répondis-je. Mais il existe une suite qui est en train de s'écrire, et que vous êtes en train de vivre. Et ça, je ne peux pas vous la raconter. Mais ne vous inquiétez pas, j'ai surement d'autres histoires que vous ne connaissez pas.

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