Chroniques d'Irvelic 4

Publié le par Sombrelün

 

A.giflors que Maitre Kolban m'avait demandé de surveiller les deux petits diables pour qu'ils finissent leur assiette de légumes, Karvel me demanda:

- Ce que tu nous racontes, ça c'est passé avant qu'on arrive ici, alors comment on le sait?

- Irvelic est un mage qui a étudié le domaine de beaucoup d'esprits, dont le temps. Il a pu donc regarder le passé pour voir comment s'était.

- Mais alors, pourquoi il n'a pas su quel est l'objet qu'à oublié Eprun?

- Tu as déjà essayé de regarder à travers un mur de briques? demandais-je plutôt.

- Mais c'est impossible!

- Non, avec un le sort qui va bien, on peut le faire, tout comme regarder le passé, mais c'est dur, et pas très net. On ne pourra pas voir aussi bien que s'il n'y avait pas de mur. Irvelic n'a pas pu tout savoir, surtout que ces terres sont très grande! D'ailleurs, en parlant de ça, vous voulez la suite?

- Oui! firent les deux enfants en cœur.

- Très bien, mais ça sera une fourchetée la phrase!

 

Un jour, quelque part dans les plaines parcouru par le souffle de Farry, on pu voir comme un tremblement dans l'air, alors qu'une faille grandissait jusqu'à être plus haute qu'un homme. L'air crépita, une ombre se découpa dans l'ouverture magique, et un homme passa de ce coté-ci. Mais alors qu'il se rendait juste compte que son pied ne reposait que sur de l'air, la Gravité jubila en l'envoyer embrasser l'herbe.

Son chapeau ne couvrait plus son crâne dégarnit, et voletait déjà à quelques pas de là, emporté par une forte brise. Son bourdon s'était planté devant la Porte, sentinelle immobile et silencieuse, où s'était posé son familier, une pie espiègle, riant de la maladresse du mage. Car s'était bien un mage qui venait de trébucher, les jambes emmêlées dans sa robe, et les nombreux cercles de son bourdon le disaient fort érudit.

Irvelic, car c'est ainsi qu'il se nomme, vous l'auriez deviné, se releva en s'époussetant, sous le rire moqueur du volatile. Le mage sourit, son enthousiasme en rien entamé par cette entrée fracassante:

- Ah! Je m'en souviendrais de ce jour là! Allez ma belle, dis-moi que cette fois-ci c'est la bonne!

L'homme et l'oiseau fermèrent les yeux simultanément, l'un murmura un sort, l'autre prit son envol.

La pie du lutter contre le vent, mais ce qu'elle sentait lui disait que ça valait amplement quelques plumes ébouriffé. Plus elle s'approchait de cette chaine de montagne, plus elle ressentait la présence des cristaux si recherché. C'était assez pour son maitre, elle vira donc sur l'aile pour revenir vers lui, se laissant porter par le souffle de Farry.

La pie se posa sur l'épaule du mage qui avait rattrapé son chapeau, et ils passèrent dans l'autre sens la Porte, riant de concert.

- On nous avait dit que c'était parce qu'il était heureux d'avoir trouvé un autre monde, qu'Irvélic avait embrassé la terre, pas parce qu'il avait trébuché... fit remarquer Karvel, plutôt perplexe. Son assiette était fini depuis un moment, tout comme celle de son cadet.

- Il faut croire que ce sont le genre de détail que les gens importants préfèrent passer sous silence ou présenter sous un meilleur jour.

- Mais c'est vrai que la Porte ne touche pas le sol! intervint Gavin, et même qu'on a mit des planches pour qu'on trébuche plus!

- On appelle ça une rampe, Gavin, corrigeais-je gentiment. Mais à l'époque, il n'y en avait pas...

Quelques jours plus tard, on revit notre mage, dire innocemment à l'homme à plat ventre dans l'herbe:

- Oh, j'ai oublié de te dire, fait attention en arrivant, la Porte n'est pas sur le sol.

- Grum... grogna l'homme en se relevant, sous le rire hilare de la pie. J'espère que ce que tu as à me montrer vaut le coup!

- T'ais-je déjà demandé de te déplacer pour rien, Ernez? Au bout de ces plaines, se dresse une chaine de montagne, avec de l'autre coté, de quoi nous rendre riche. Ça vaut bien d'en remercier ce monde, non?

L'homme, qui ignorait encore qu'il était le premier suzerain de ce monde, se contenta de grogner à nouveau, avant de monter en selle, sur l'un des deux chevaux qu'ils avaient fait traverser.

Ils mirent plusieurs jours pour arriver au pied de la Barrière de Dallur, ayant du éviter la forêt de Scily puis le lac Liadyn. Ils s'arrêtèrent là où Ermion disparaît sous les montagnes, et alors qu'Ernez monta le campement pour la nuit, le mage vint s'agenouiller sur la berge, plongeant la main dans l'eau filante.

S'inquiétant de le voir si longtemps immobile, le mercenaire s'approcha:

- Irvelic, mais qu'est-ce que tu f...

- Hihha! l'interrompis brutalement la pie, soucieuse de la concentration du mage.

Celui-ci incantait tout bas, le front plissé sous l'effort, quand il ressortit enfin la main de l'eau, visiblement épuisé mais content de sa trouvaille. Il ouvrit la main pour laisser son ami admirer les petits cristaux briller à la lueur des trois lunes. D'une voix un peu tremblante par la fatigue, Irvélic murmura:

- Des matrices, plus pures que toutes celles que j'ai pu voir... Idéal pour tracer des runes, mais il y en a des plus grosses aussi, pour recevoir des enchantements. Et tout ça, de l'autre coté, il suffira juste de creuser.

- Trois lunes? Mais il n'y en a que...

- C'est Aslun la troisième, fit Karvel, coupant son demi-frère inattentif. Sombrelün l'a dit une autre fois. C'est donc des matrices qu'on extrait du gouffre brumeux, mais pourquoi on en trouve que très peu ailleurs, alors qu'ici il y en a tant?

- On l'ignore, mais c'est grâce à ça que les terres d'Irvelic ont été colonisé. Sans ça, elles n'auraient aucun intérêt.

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