Esprit, es-tu là?

Publié le par Sombrelün

M.gifaitre Kolban entra dans la bibliothèque, et m'apercevant, vint vers moi:

- Alors Sombrelün, tu sais maintenant tout ce qu'il y a à savoir sur ces terres?

- J'y travaille, Maitre, mais... puis-je vous poser une question? J'ai lu que les mages d'Aslun voulaient connaître la forme de ce monde, mais ça fait plus d'un siècle et demi qu'ils y sont, ils n'ont toujours pas trouvé?

- Ah! Ça, c'est bien eux, commenta le mage en s'asseyant en face de moi. Plus il y en a là bas, et plus ils sont débordé! Tu sais, avec leur lune à garder à hauteur constante, les mineurs à envoyer et récupérer dans les mines, les marchandises à faire passer d'Aslun à la Trouée, sans oublier de continuer d'agrandir et de consolider leur cité, ils n'ont pas trop le temps de s'attarder sur des choses de ce genre. Pour sur, ça rapporte moins que le commerce de cristaux!

- Et vous, Maitre, ne vous êtes jamais penché sur la question?

- Avant que tu n'arrives, j'étais le seul mage pour toutes les plaines, je passais mes journées à aller d'un bourg à l'autre. Crois-moi, quand je pouvais avoir un moment à moi, je n'avais qu'une idée, c'était de rejoindre un lit accueillant. Hum, enfin bref. Même maintenant, je n'ai guère de temps pour étudier, mais ce n'est pas ton cas Sombrelün, pourquoi tu ne t'y intéresserais pas?

- Euh, oui Maître, pourquoi pas, mais... je n'ai aucune idée de la façon dont je dois m'y prendre.

- D'après les prêtres, il y a un esprit résidant en chaque chose. Il doit donc y en avoir un pour les Terres d'Irvélic, essaye de le contacter.

- Mais comment?

- Ça, c'est à toi de trouver.

Et c'est avec un grand sourire, qu'il me laissa là pour prendre l'ouvrage qu'il était venu chercher et repartir à ses affaires. Me massant les tempes, j'essayais de trouver le moyen de contacter un esprit dont l'existence n'était que supposé.

L'invocation? Trop hasardeux, surtout que ce n'était pas trop mon domaine, j'aurais plus d'ennuis qu'autre chose. La divination? Impossible sans une foi en béton.

Je releva soudainement la tête, ayant reçu l'illumination, la foi, mais bien sur! N'était ce pas la croyance en un être dont l'existence n'est pas prouvé? Et on contacte ces êtres grâce à la prière!

Laissant à peine le temps à mon familier de se poser sur mon épaule, je dévalais l'escalier pour me rendre au temple.

 

Arrivant dans le temple essoufflé, je du ralentir le pas, le temps de réfléchir un peu. Devant quel autel s'agenouiller pour contacter l'esprit de ce monde? Celui de Breen, ou celui des esprits sans-nom? La formule d' "Amstramgram" indiqua le second, où j'allumais une bougie avant de me recueillir. Mais... étant originaire d'un monde pas particulièrement pieux, je manquais d'endurance dans l'exercice de la prière et... finis par m'endormir.

J'ouvris les yeux sur le paysage bleuté d'Otalya, au pied de mon arbre des songes. Jäelle apparu devant moi, surprise:

- Sombrelün? Mais que fais-tu ici en pleine journée?

- Je... priais, enfin, j'essayais.

En quelques mots, je lui expliquait la tâche que m'avait confié Maitre Kolban, ce qui la fit éclater d'un rire cristallin:

- Ton idée n'était pas si mauvaise que ça, mais... comment voulais-tu qu'il te réponde? Les prières, c'est un peu à sens unique, je le vois mal te répondre par un miracle. A mon avis, tu devrais plutôt essayer la méthode des devins.

- Raconter n'importe quoi en attendant d'excéder assez un esprit pour qu'il me carbonise sur place? fut ma première pensée, mais je me repris assez rapidement: Enfin... tu dois parler de son influence sur mes songes?

- En effet. Surtout que les terres d'Irvélic sont grande, la conscience de son esprit doit l'être tout autant. Malgré tout le respect que j'ai en tes capacités, je doute que tu ne puisse le comprendre dans sa globalité. Le rêve te permettra de passer outre ce problème, du moment que tu en ais la clef.

- Merci Jäelle, comme toujours, tu m'es d'une aide précieuse.

Ayant réussit à la faire rougir, je pu me réveiller.

Papillonnant des yeux et le dos raidit, je fixais incrédule la bougie presque entièrement consumé, n'ayant toujours pas réussit à me faire à la différence de perception du temps entre les deux lieux. Tipiu siffla une trille interrogatrice: quelqu'un s'approchait. Le grand prêtre m'aida à me relever et demanda, avec ce sourire sirupeux qui portait tant sur les nerfs de mon maitre:

- Ah, mon enfant, votre visage rayonnant indiquerait que votre prière a été entendu?

- Euh... oui, en quelque sorte mon père. Euh... pardonnez-moi, mais j'ai à faire...

- Mais bien sur mon petit, mais bien sur! Voir un mage si fervent ne peut que me réchauffer le cœur. Allez donc mon enfant, que les esprits vous gardent!

C'est avec un certain soulagement que je quittais l'atmosphère saturé d'encens, n'ayant pas vraiment envie d'entendre le vieux prêtre se plaindre encore de la conduite si peu pieuse de Maitre Kolban.

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