Solune, chap6,1

Publié le par Sombrelün

Chap 6: la forêt de pierre

 

e marchais d'un bon pas sur le chemin, ayant adopté le rythme de Feun, bien qu'il ne soit pas à mes cotés. Son bavardage me manquait, et même si Akroa m'apportait une certaine présence, elle n'était pas très causante. Je n'avais aucune idée de là où j'allai, prenant les embranchements un peu au hasard. Nous finîmes par entrer dans une forêt, et assez rapidement, je me rendis compte qu'elle était peu ordinaire...

Les arbres avaient poussé bien droit et très régulièrement, n'ouvrant leur ramure que très haut. Et puis, ils n'avaient pas de feuilles... je pu voir ça en observant le sous-bois, des arbustes poussaient, mais dénudé de tout feuillage, comme lors de la saison froide. Avec curiosité, je voulu prendre une branche pour l'examiner, mais même arquebouté de out mon poids, je n'arrivais pas à les casser. J'avais éprouvé au touché le froid de la pierre, et d'ailleurs, leurs couleurs étaient bien minérales, pour des végétaux...

Je commençais sérieusement à m'inquiéter, m'interrogeant sur la nature de cette forêt et ce que risquait le voyageur imprudent à la traverser. C'est donc tous les sens aux aguets que je retournai sur le sentier, n'osant imaginer ce qui pouvait m'arriver. J'avais entendu parler d'un esprit ancien qui, agacé par le fracas d'une bataille, avait changé les deux armées en arbres. On disait qu’il rodait encore dans cette forêt étrange, infligeant le même sort aux voyageurs trop bruyant.

Quel genre d'esprit ancien pouvait vivre ici, pour se complaire dans une forêt de pierre?

- Bonjour!

Je sursautai en me retournant, plaçant la main sur mon cœur palpitant. Dans le mouvement, Akroa était tombé de mon chapeau, se retrouvant entre nous deux. Elle jeta un regard noir au responsable de sa chute et s'en revint vers moi.

Alors que je la ramassais délicatement, j'observai l'esprit qui s'était matérialisé derrière moi. A la longueur de sa barbe grise, il devait être un très vieil esprit, et son dos était courbé sous le poids des ans, se comptant surement par millénaire. Il s'appuyait sur une sorte de stalagmite et son crâne était dégarni. Il ne ressemblait en rien à un esprit sanguinaire, et il s'excusa même:

- Pardonnez-moi de vous avoir fait peur, jeune homme, mais les voyageurs sont rare ici, et je manque de compagnie. Permettez-moi de vous offrir l'hospitalité pour la nuit, c'est la moindre des choses.

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