Solune chap2,2

Publié le par Sombrelün

- Outch…
ommençons par le commencement… A priori rien de cassé, la matière spongieuse à l’odeur peur ragoûtante a au moins eu le mérite d’amorti ma chute… Je m’accroupi dans le noir complet et réussi à mettre la main sur mon chapeau et mon bourdon. Et ma grenouille ?
- Akroa ? Appelais-je. Où es-tu ?
- Koa ! répondit-elle près de mon pied.
Je la saisi et la déposa délicatement dans ma poche pour ne pas risquer de la perdre et me releva.
- Si je tenais le petit malin qui a trouvé marrant de mettre un toboggan juste après un escalier, pestais-je, et bien je… je lui ferais avaler sur ce que je marche, peu importe ce que c’est !
Rasséréné, je trouva au jugé un mur et le suivit du bout des doigts, marchant avec précaution sur un sol instable. Assez rapidement, j’arrivai à la conclusion que vu que je tournais en rond, je devais me trouver dans une fosse… Et comment sortir de là ?
- Koa, commenta Akroa des replis de ma robe.
Pensif, je me dressa sur la pointe des pieds, tata le mur le plus haut possible avec mon bourdon et tapa dans le vide. La fosse n’était donc pas si profonde que ça…
Je choisi un coin plein de rugosité, y cala mon bourdon à l’horizontal assez haut et m’y hissa par la force des bras. Comme quoi, se muscler en bêchant son potager, c’est toujours utile ! En tâtonnant, je trouvai le bord de la fosse où je m’hissai de nouveau, et enfin je me penchai pour récupérer mon bourdon.
A cause du toboggan, il m’était impossible de remonter, il va me falloir continuer coûte que coûte. D’ailleurs, ça tombe bien, ce n’est pas une lumière tremblotante que je vois au bout de ce long couloir ?

Ayant réussi à débusquer une torche, j’avançais avec plus d’assurance dans les couloirs taillé à même la roche. C’est que c’est grand la dessous ! Si je n’étais pas déjà perdu, j’aurais eu du mal à m’orienter…
Soudain, j’entendis un bruit bizarre, comme des centaines et des centaines de pieds martelant le sol… En faisant un peu plus attention, je crus même entendre des voix. Et qui dit voix, dit personne à qui on peut demander son chemin ! Je pressa donc le pas, me guidant au bruit et… préféra me couler prudemment dans un renfoncement le temps de laisser passer ‘ça’.
Dans le couloir où j’avais failli entrer, des gobelins, des ogres et un troll défilaient en brandissant des banderoles et des pancartes tout en martelant d’une voix puissante " marre de passer pour des brutes ! ". Alors qu’ils passaient devant ma cachette, je pu lire quelques slogans :
" non à la violence ! ", " les peaux vertes ont aussi un cœur ! ", " donnez des fleurs, pas des gnons ! "
C’est bien la première fois que je vois des peaux vertes manifester parce qu’ils n’ont pas le beau rôle dans les histoires… Enfin, c’est la première fois que j’en vois manifester tout court… C’est un lieu bien étrange… N’ayant jamais eu d’affinité avec les mouvements sociaux et les positions syndicales, je laissai prudemment la manifestation passer avant de sortir de mon recoin.
Le sol était parsemé de tract et de pétales de fleurs. Au plafond, une pancarte oscillait en grinçant après qu’un gobelin juché sur les épaules du troll se l’était prise en pleine figure. Je lu les caractères à moitié effacés qu’elle portait : ‘bureau des objets trouvés, deuxième à gauche’. Je vais sûrement y trouver ce que je cherche !
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Publié dans Solune

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