Solune chap1,1
l faisait sombre, la nuit est obscure, chichement éclairé par les étoiles jouant à cache cache dans les nuages. Vue que c'est la nouvelle lune, on ne peut même pas la peine de compter sur elle pour y voir un peu plus...
Mais quelle idée d'aller se promener en forêt à une heure pareille ! Je serais bien mieux au chaud sous ma couette... Enfin, je ne me promène pas vraiment, je vais aller m'initier à la magie. Et ça, ça ne se fait pas n'importe où et n'importe quand, c'est un ami qui me la dit, "une bourse d'or sur la souche du vieux chêne un peu avant minuit".
Et en plus, il fait froid, j'aurais du prendre une pelisse... Bon aller, finit de grommeler, j'ai enfin trouvé cette fichu souche ! Je posa la bourse de 25 pièces d'or (une coquette somme !) sur le bois mort, fis trois pas en arrière, courbette, deux pas à gauche, re-courbette, puis cinq pas de nouveau en arrière avant de m'asseoir en tailleur dans le tapis de feuille. "Ils sont très susceptibles les mages, m'avait prévenue mon ami. Ce rituel de retrait permet de ne pas les offensé."
Qu'est ce qu'il ne faut pas faire... J'espère que je n'aurais pas à attendre trop longtemps, le sol est humide, et j'ai déjà les fesses trempées ! Si je n'attrape pas froid avec tout ça...
Tiens, il se passe quelque chose... Un homme emmitouflé dans une cape, le visage caché dans la profonde obscurité de sa capuche s'avance près de la souche, et rafle la bourse.
- Non mais, 'faut pas se gêner ! Vous savez combien de temps j'ai trimé pour remplir cette bourse?! m'emportais-je, outré.
- Silence profane ! grogna l'homme d'une voix caverneuse.
Il me fit face dans toute sa hauteur, savoureux ce qu'il avait réclamé avec force. Il reprit, d'une voix plus douce qui me semblais familière :
- La première chose que doit apprendre un mage est l'humilité envers ses aînés. Car, tu souhaites bien devenir un mage, mon garçon ? C'est pour découvrir les mystères de la magie que tu es ici au lieu de roupiller dans ton lit ?
Je ne pu qu'acquiescé avec vigueur, le laissant continuer :
- Un mage doit taire son véritable nom, son nom d'enfant, pour ne pas donner d'emprise sur lui à des entités maléfiques. Tu dois donc avoir un nouveau nom, qui deviendra le tien, celui que tu donneras quand tu te présenteras, gardant caché au plus profond de toi, ton premier nom. Ce nom, je vais te le donner...
Il regarda quelques temps autour de lui, en manque d'inspiration, finit par lever les yeux au ciel pour remarquer l'absence de la belle nocturne. Il murmura :
- La lune est obscure cette nuit... lune sombre, sombre lune (tiens, pas mal ça !). Solune ! fit-il plus fort, tu seras Solune !
Il tira de sous sa cape un charbon de bois, et s'approcha de moi à grands pas, pour dessiner un cercle noir sur mon front, tout en marmonnant :
- Oui, mon garçon, ta Dame est la haut, sois son dévoué serviteur. Elle guidera tes pas, inspirera tes sorts, et veillera sur ton sommeil la nuit. Tu ne peux avoir de meilleur protecteur. Regarde, mon garçon, regarde comme Elle est belle !
Il me poussa la tête en arrière, appuyant sur le cercle de mon front. Et je La vis, un visage pâle dans le ciel, là où se trouvait la lune invisible. Elle me souriait timidement, son regard plein de bonté planté dans le mien. Il est vrai qu'Elle était magnifique !
- Oui, ô oui, mon garçon, à ton sourire, je vois que vous avez fait connaissance, repris l'homme. Il ne me reste plus qu'à te confier certaines choses, et tu seras mage. Ton Habit, drapant ton corps, il sera ton dernier rempart protégeant ta chair, puisse-t-il ne jamais être percé ! Ton Chapeau, pointu comme il se doit, il te démarquera par mis tous les hommes. Ton Bourdon, il canalisera ta magie et te prêtera son soutient en toutes circonstance. Et bien sur, le plus important, ton Guide, ses paroles sont de sagesse pur, son avis ô combien précieux ! Chéri-le comme la prunelle de tes yeux, ça valeur est inestimable ! Maintenant, va, Sombrelün, par le monde tu apprendras, et ses enseignements tu retiendras. Tu es un mage, maintenant, un des notre...
Sur ce, il se drapa dans sa cape et disparu dans l'obscurité.
Comme au sortir d'un rêve, je leva les yeux au ciel, et Elle me jeta un regard complice. Je ramassa mes Présents sur la souche et rentra me coucher d'un pas de somnambule.
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