Migraine et chevalier

Publié le par Sombrelün

C’est une nouvelle écrite à partir d’une image dans le forum de la communauté Autres-Mondes.

a brise jouait avec les herbes folles d’une clairière. Elle s’attarda un moment au milieu d’un buisson de baies sauvages avant de filer dans le sous-bois proche et se perdre parmi les ronces.
- Nondidjiou !
Une nouvelle brise vint se frayer un chemin dans les herbes hautes et buta contre des ruines se dressant au centre de la clairière.
- Saleté de mal de tête !
Un gnome était assit en tailleur parmi les pierres, ayant une envie folle de se taper le crâne contre un pilier tout proche pour souffrir d’autre chose que de sa migraine.
- Je n’aurais pas dû abusé de l’hydromel hier… mais ça aurait été dommage de ne pas en profiter…
Il sourit en se souvenant de la veille, ses frères et lui s’étaient retrouvé pour fêter l’équinoxe d’automne. Ils avaient dû faire un sacré boucan dans les environs… Il grimaça, sa migraine ne voulant pas le laisser tranquille.
- Allez Euros, un petit effort… Où est ce saule que tu as vu en venant ici ?
Mais impossible de s’en souvenir… Bon, il savait au moins où trouver un ruisseau, mais n’avait rien sous la main pour faire chauffer de l’eau. Quelle poisse de devoir voyager léger !
Les pas d’un cheval ferré sur le chemin de pierre trouvèrent un écho douloureux sous son crâne. Mais qui donc pouvait-il venir dans les environs ?
Un chevalier à l’armure retillante et clinquante sorti du sous-bois dans un petit trop allègre. L’homme mit pied à terre et laissa sa monture paître dans la clairière. Il avança d’un bon pas vers les ruines dans un grand bruit de ferraille s’entrechoquant et remarqua le gnome qu’il héla :
- Hé ! Manant ! Est-ce bien ici que jadis se dressait un temple ?
- Oui messire, grogna Euros s’efforçant au calme.
- Ah ! Je l’ai enfin trouvé !
Il se retourna pour aller chercher dans ses fontes une carte qu’il étala sur une pierre devant le gnome :
- Voilà, il ne me reste plus qu’à longer un ruisseau prenant sa source dans les environs pour trouver la grotte d’un terrible dragon retenant sous son joug une damoiselle éplorée.
Euros regarda au loin, peu convaincu. Une grotte ? Dans cette région désespérément plate ? Ce citadin ne confondrait pas avec un terrier ? Et puis, il y a peu de dragons dans la région en cette saison, ils ont presque tous migré dans les mines naines pour passer l’hiver au chaud.
Mais est-il obligé de remuer autant et de faire tant de bruit ? Le gnome se prit la tête entre les mains, sa migraine ne le laisserait pas tranquille…
- Alors mon brave, reprit l’homme en armure, où donc se trouve cette source pour que je puisse poursuivre ma quête ?
Euros pointa du doigt dans une direction vague, souhaitant le voir partir le plus vite possible, mais le chevalier continua sur le ton de la discussion :
- Il y a eu un sacré grain hier soir. La girouette de village où j’ai passé la nuit n’en savait plus où donner de la tête. C’est courant dans la région ? Car de par chez moi, …
Mais qu’il se taise, et qu’il arrête de faire grincer son armure ! C’est insupportable ! L’homme ne pouvait parler sans emphase, martelant la pierre de son gantelet. C’était comme si un troupeau de chevaux galopait sous le crâne du gnôme. Assez ! Tant pis pour la discrétion…
C’est avec un certain plaisir qu’Euros déclencha une violente bourrasque d’un large geste de la main. Elle souffla l’homme dans les airs malgré le poid de son armure et le porta loin, très loin, ou qu’elle veuille du moment qu’il n’agite plus sa ferraille sous ses oreilles. Son casque retomba près du gnome, le faisant sursauter.
Tiens, ça pourrait lui être utile pour faire chauffer de l’eau. Une brise légère vint tournoyer près de lui, faisant virevolter dans les airs des morceaux d’écorce. Il les attrapa avec reconnaissance, pouvant enfin préparer une infusion d’écorce de saule et chasser cette fichue migraine.
La brise alla jouer parmi les hautes herbes, et vint coucher un peu celles près des ruines. On pouvait lire une vieille inscription gravé dans la pierre : Temple d’Euros, vent d’Est. Prière de ne pas déranger les lendemains d’équinoxes et de solstices.
Publicité

Publié dans Temps d'un conte

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article