25/10: premier vol
Nous nous rendîmes sur l’esplanade tout ému : aujourd’hui, ce sera le premier vol de notre dragon ! Notre professeur, pour l’occasion, a choisi l’esplanade sableuse pour amortir les chutes éventuelles. Le terrain est plat, aucun obstacle devant nous, juste une forêt sur notre flan.
Nous grimpâmes sur le cou de notre dragon, et attendions notre tour pour s’élancer. Celui de Feuxfollets arriva. Il commença à faire quelques pas, pataud, puis pris de la vitesse en battant vigoureusement des ailes. Après une dernière foulé, ses pattes quittèrent le sol et nous volâmes ! Après une trajectoire aléatoire et quelques fausses frayeurs, il se posa assez brutalement et libéra la place pour les prochains : Grêlon et Tig’.
Leur envol fur un peu plus élégant, ils commençaient par prendre de la hauteur avec agilité, quand Grêlon se laissa soudainement tomber en vrille, ne stoppant sa chute que près du sol. Un éclair blanc bondit de son dos et fila en direction de la forêt, alors que le dragon mugissait son dépit. Je chercha silencieusement du regard l’accord de notre professeur et l’ayant obtenu, fouilla le sac de Tig’ pour en tirer une robe de change. Je me dirigeai ensuite vers la forêt, Feuxfollets sur les talons. Je savais que Tig’ garde toujours sur lui des vêtements de change sur lui, au cas où…
A partir de la lisière, mon dragon me guida silencieusement à l’odorat. Grâce a lui, je retrouvai rapidement Tig’. Il me tournait le dos, assit contre un roché, mais à l’orientation de ses oreilles, il avait senti ma présence. Je préférai attendre prudemment qu’il ait perdu la plus grande partie de ses poils avant de l’approcher pour lui tendre la robe. Il l’enfila rapidement et se débarrassa des lambeaux de la précédente en soupirant :
Il sourit, dénudant ses canines encore saillantes. Grêlon vint poser sa tête sur ses genoux :
Disant ça il lui présenta le cou pour lui permettre d’y grimper. Quant à Feuxfollets, il m’attrapa entre ses crocs sans cérémonie pour me déposer lui-même sur ses épaules. Les deux dragons décolèrent, malmenant quelques branches au passage. Et quand nous nous posâmes parmi les autres, Tig’ bien que couvert de fourrure, avait gardé une forme humaine, recevant un regard appréciateur du professeur.